Le parlanjhe en chançun : Nàu tot nouvea cunposi pr Perot

Le parlanjhe en chançun : Nàu tot nouvea cunposi pr Perot
Su lés cérémonies que nous fasun en l’entour dau trfoujhàu, la vélle de Nàu.

Dau rolea Tour dire en Parlanjhe :
Noël du XVIIe siècle, paru dans Chants traditionnels de Noël en Poitou-Vendée, présentés et traduits par Michel Gautier (Geste éditions, 2003). On trouvera des noëls aussi dans Trente Noëls Poitevins du XVe au XVIIIe siècle (publiés par H. Lemaître et H. Clouzot. Réimpr. Laffitte Reprints, Marseille, 1978).

A çhéte grande fàete (bis)
De Nàu, o fàut bén chanti Nàu,
Trtouts a plléne tàete.

Peùqu’ol ét la coutume (bis)
De se chaufi au trfoujhàu
Pr n’aver tous ni rume,

Den çhéle grand frédure (bis)
Qu’o naçhit çhou bun Messiàu,
Prnant netre nature,

D’ine vérjhe tant boune, (bis)
A sen ounour fàut chanti Nàu
Tant que la tàete en tourne,

D’aver çhoul avantajhe (bis)
De foere crvi de dépit
Le diablle den sa rajhe.

Sés idoles de pllatre (bis)
Sant renvrs(à)ies é cheùt(es) a bas
Maugrai sés idolatres.

Bruléz deden vous fllames, (bis)
Diabllotuns, démuns énfrnàus,
Ve n’aréz pa nous ames.

Den çhéte sénte vélle, (bis)
Priun Dieù, colaciounun,
Que pa in ne soumélle.

Metun la nape néte, (bis)
Entamun le poén bllan de Nàu,
La fouace é la galéte.

S’ol y at beacop de munde, (bis)
O fàut daus fruts, daus rasins çheùts,
Daus nas é daus amandes.

Que pa in ne s’épargne (bis)
A bere dau bun vin nouvea,
En menjhant la chatagne.

Ma sunjhun a l’égllise, (bis)
O fàut y ali pr cértén,
Sen foere de féntise.

Priun, chantun sen césse, (bis)
Jhesqu’a tant qu’o séjhe minét,
Pr entendre la moésse.

Le poén bénit abunde (bis)
Den lés tràes moéss(es) au poént dau jhour
Aussi bén qu’a la grande.

Ol ét la sauvegarde (bis)
Cuntre le tounaere é sorçàes,
Le bun Dieù nous en garde !

Sauvour de tout le munde, (bis)
Dounéz nous vetre paradis,
Veçhi netre demande.

 

Traduction

Noël tout nouveau composé par Pierrot
Sur les cérémonies que nous faisons autour de la bûche, la veille de Noël.

À cette grande fête / De Noël, il faut bien chanter Noël, / Tous à tue-tête.
Puisque c’est la coutume / De se chauffer à la bûche de Noël / Pour n’avoir toux ni rhume,
Dans ce temps de grande froidure / Que naquit ce bon Messie, / Prenant notre nature,
D’une vierge si bonne, /En son honneur, il faut chanter Noël/ Jusqu’à ce que la tête en tonne,
Pour avoir cet avantage / De faire crever de dépit / Le diable dans sa rage.
Ses idoles de plâtre / Sont renversées et tombées à terre / Malgré ses idolâtres.
Brûlez dans vos flammes,/ Diablotins, démons infernaux,/ Vous n’aurez pas nos âmes.
Dans cette sainte veille, / Prions Dieu, prenons une collation, / Que personne ne sommeille.
Mettons la nappe nette, / Entamons le pain blanc de Noël, / La fouace et la galette.
S’il y a beaucoup de monde, / Il faut des fruits, des raisins secs, / Des noix et des amandes.
Que personne ne s’épargne / À boire du bon vin nouveau, / En mangeant la châtaigne.
Mais songeons à l’église, / Il faut y aller avec assurance, / Sans faire semblant.
Prions, chantons sans cesse, / Jusqu’à ce qu’il soit minuit, / Pour entendre la messe.
Le pain bénit abonde, / Dans les trois messes au point du jour / Aussi bien qu’à la grande.
C’est la sauvegarde / Contre le tonnerre et les sorciers, / Le bon Dieu nous en garde!
Sauveur de tout le monde, / Donnez-nous votre paradis, / Voici notre demande.

Chants traditionnels de Noël en Poitou-Vendée, présentés et traduits par Michel Gautier (Geste éditions, 2003).

 

Activités

  1. Relevez dans le texte des manifestations de la culture populaire.
  2. À quel moment de l’année l’Église a-t-elle fixé la fête de la naissance de Jésus? Pourquoi?
  3. Recherchez l’étymologie de Noël, Nàu.
  4. Comment dit-on Noël en d’autres langues. Comparez.
  5. Chantez! Vous trouverez ce Noël et bien d’autres dans Chants de Noël et de protestation Poitou Vendée (CD Arantèle)

Chanti, chaufi INFINITIFS EN “I”

Les verbes du premier groupe ont un infinitif souvent allongé et diphtongué, noté “àe” dans la graphie normalisée de l’UPCP. Cette désinence peut être réduite à [a] , elle peut aussi, à la périphérie et en Saintonge, se prononcer [e], plus ou moins allongé, ou [i]: on trouve ces infinitifs en [i] à l’écrit dans des Noëls, dans la Gente Poitevinrie, recueil imprimé à Poitiers au XVIe siècle, et plus tard, ailleurs, peut-être par convention graphique. Aujourd’hui ces formes existent toujours en Gâtine et dans le Mirebalais (voir le Glossaire du patois de Pougne-Hérisson, Geste éditions, 1994, et les textes de Jules Fortuné Pisser face au soleil et péter dans le vent, Geste éditions, 1997).

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