Le parlanjhe

Le parlanjhe poitevin-saintongeais, langue d’oïl

Le parlanjhe poitevin-saintongeais est la langue régionale parlée dans le centre-ouestde la France, présente dans les départements de la Vienne, des Deux-Sèvres, de Vendée, de Charente-Maritime et dans le centre et l’ouest de la Charente, ainsi qu’en nord Gironde et sud Loire Atlantique, c’est-à-dire l’ensemble des parlers locaux de cette zone, couramment appelés « patois » : ce ne sont pas des déformations du français, mais bien une langue spécifique, comme l’occitan, le catalan, le breton, le basque, le corse, le franco-provençal, l’alsacien-lorrain, le flamand.

Carde dau parlanjhe/Carte du poitevin-saintongeais

Le parlanjhe appartient à l’ensemble des langues d’oïl : wallon, picard, normand, gallo, poitevin-saintongeais, morvandiau-bourguignon, champenois, lorrain roman. Lepoitevin-saintongeais est une des langues de France d’origine romane, comme le français et les autres langues d’oïl, l’occitan, le franco-provençal, le catalan, le corse : il s’est formé à partir du latin et des langues celtiques que le latin a recouvertes et fait disparaitre, vers le VIIe-IXe siècle. Beaucoup de ses mots et constructions sont donc une évolution de formes latines, celtes ou germaniques. Il se distingue du français sur bien des points :

  • on utilise en parlanjhe le pronom neutre o :o marche ! (ça marche !) ; ol ét çhi (c’est ici).
  • on dit : a causant (elles parlent), et on entend là un verbe différent de la forme a causeau singulier, alors qu’en français on entend la même chose au singulier et au pluriel.
  • le passé-simple : le vent bufit fort é i m’abriyi (le vent souffla fort et je m’abritai)
  • l’imparfait : a veliant bén o dire tout, mé pa d’afilàie. (elles voulaient bien tout dire, mais pas tout de suite)
  • Dans le lexique poitevin-saintongeais, on trouve bien des mots dont l’origine n’est pas la même que celle du mot français par lequel on le traduit : al uchirant (elles crièrent) ;ine grole (un corbeau)…
  • D’autres ont la même origine que des mots français, mais sont prononcés différemment : le parpallun (le papillon), le nambourell (le nombril), la chebre (la chèvre), le foujhàe (le foyer), etc.

Au total, le parlanjhe poitevin-saintongeais est bien différencié du français, et on le considère comme une langue différente, mais de la même famille.

On peut considérer que les langues d’oïl, dont fait partie le poitevin-saintongeais, sont des ’langues émergentes’, dont la spécificité par rapport à la langue officielle, le français, tend à être de plus en plus reconnue.